Le
télémarketing trompeur : qu'est-ce que c'est ?
Le
télémarketing trompeur, c'est se servir du téléphone
pour tenter de vous vendre un produit ou un service inexistant
ou grandement surestimé ou pour solliciter un don en
faveur d'un organisme bidon. C'est se servir du téléphone
pour obtenir des renseignements sur vos comptes bancaires
ou sur vos cartes de crédit dans le but de vous voler
de l'argent. C'est se servir du téléphone pour
offrir un prix pour lequel vous devez payer. C'est se servir
du téléphone pour vous soutirer de l'argent
de manière frauduleuse, par n'importe quel moyen. Il
s'agit d'un crime grave passible d'emprisonnement.
Le
télémarketing a rapidement pris de l'expansion
au cours des dernières années. Les ventes par
télémarketing réalisées au Canada
excèdent actuellement 500 milliards de dollars par
année. La plupart de ces activités de télémarketing
sont légales, mais certaines ne le sont pas.
Le
télémarketing trompeur est devenu un problème
au Canada, et même au-delà de nos frontières,
depuis le début des années 1970. La fraude par
télémarketing est maintenant l'une des formes
les plus répandues de criminalité dans le monde
des affaires. En 1998, des organismes d'application de la
loi et d'autres organismes ont reçu plus de 10 000
plaintes ayant trait au télémarketing frauduleux.
Depuis 1995,
ce genre d'escroquerie a coûté environ 40 millions
de dollars au Canada. Les criminels sont attirés par
les gains considérables qui peuvent être réalisés
et ce, avec des risques relativement faibles d'être attrapés,
poursuivis et punis. Depuis les années 1980, des moyens
de télécommunication à prix modiques ont
créé des économies d'échelle et
ont offert aux escrocs des moyens efficaces de s'attaquer à
un nombre effarant de victimes. Un télévendeur
peut facilement extorquer à lui seul, grâce à
une combine bien imaginée, plusieurs centaines de milliers
de dollars par année à des victimes peu méfiantes.
Dans certains cas, les possibilités de gains élevés
attirent également le crime organisé.
Groupes
à risque et victimes
Les
escrocs maximisent leurs profits en concentrant leurs efforts
sur des groupes cibles vulnérables. Les victimes ne
sont pas choisies au hasard mais plutôt de façon
méthodique, soit parce qu'elles ont des économies
ou des biens ou parce qu'elles sont considérées
comme étant influençables.
Les
télévendeurs malhonnêtes s'attaquent souvent
à des personnes âgées en prenant pour
acquis qu'elles sont plus confiantes et plus polies avec les
étrangers. Des escrocs ont dit à la police que
leur cible idéale est une personne âgée
qui habite seule et qui n'a pas ou peu de contact avec les
membres de sa famille.
Un
autre groupe à risque est constitué d'anciennes
victimes. Les personnes à qui l'étiquette « vulnérable
» a été apposée peuvent faire l'objet
de plusieurs tentatives d'escroquerie. Les renseignements
concernant des victimes sont souvent vendus sous forme de
« listes de poissons » ou de « carnets d'adresses
» à d'autres escrocs.
Les
répercussions de la fraude par télémarketing
Les
quelque 40 millions de dollars perdus par les victimes au
Canada de la fraude par télémarketing ne représentent
qu'une petite partie du coût de ce crime de plus en
plus répandu. Des travaux de recherche effectués
par des responsables de l'application de la loi et des autorités
policières révèlent que les personnes
âgées risquent non seulement d'être la
cible d'escrocs mais aussi que les conséquences sont
souvent plus graves pour elles. En effet, certains aînés
ont perdu toutes leurs économies et ont dû vendre
leur maison.
Les
personnes âgées éprouvent souvent plus
de réticence à signaler le crime aux autorités
ou même à leur famille, craignant qu'on leur
reproche d'être « négligentes ».
Certaines craignent d'être jugées incompétentes
et de perdre le contrôle de leurs affaires.
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